JOAODEAZEVEDOPAINTINGS
ALGUMAS IMAGENS E MAIS ALGUMAS COISAS, QUANDO CALHAR
Segunda-feira, 19 de Março de 2012
Sexta-feira, 13 de Janeiro de 2012
Quinta-feira, 29 de Setembro de 2011
Quinta-feira, 23 de Junho de 2011
Sábado, 18 de Junho de 2011
Quarta-feira, 1 de Junho de 2011
Quarta-feira, 18 de Maio de 2011
last things, in progress
This is a message for my old friend RUSSEL PARKER, film maker (among other skills), Sacramento, California. These last paintings will be fully coloured by the end of May. Emigrants in Mediterranean sea, numerous these days. I'm trying to work on them...have a nice time, and some fun!
Quinta-feira, 17 de Fevereiro de 2011
Para quem não lê português, mas lê francês.
JOÃO CROCO
J’ai retrouvé ce matin des lettres, pieusement conservées, de mon ami João de Azevedo. Elles m’étaient envoyées de Rome, où il vivait dans les années 70. Et à les relire, j’en éprouve, sinon de la culpabilité, en tous cas de l’irritation contre moi-même. C’est que, dans la joyeuse confusion où l’un et l’autre nous barbotions, il me semble que je n’ai pas su identifier alors son désir le plus puissant. Et pourtant ! Combien de fois dans ces lettres n’en est-il pas question ! Peindre, dessiner, graver, il ne le cache pas, le rend heureux. Mais jamais il ne se laisse aller à dire qu’il pourrait s’y consacrer pleinement. Les idéaux politiques trop surmoïques de notre jeunesse ne le permettaient pas. La voie lui était pourtant ouverte ; des galeristes et des collectionneurs s’intéressaient à son travail, qu’il s’interdisait de considérer dans une autre perspective qu’alimentaire.
Cela m’irrite, oui, de saisir à présent combien il s’est ainsi censuré. Mais en vérité, c’est dès l’adolescence que le conflit se fait jour. João rêve alors d’entrer à l’Académie des Beaux-Arts de Lisbonne, contre le vœu paternel de le voir entreprendre des études d’ingénieur naval. Ce ne sera ni l’une ni l’autre voie. Après un cours passage d’une année à la faculté de droit, il fuit
à 18 ans la dictature de Salazar, et demande l’asile politique en Belgique, où commence une autre histoire. L’existence qu’il mena ensuite fut riche, généreuse, inventive. Mais il est temps que sans réserve, il puisse maintenant jouir de ses pinceaux et donner la pleine mesure de son talent.
Lui-même l’a compris, j’en suis ravi. Le tournant s’est fait à Timor, où il séjourna deux années, de 2005 à 2007. Dans cette île à la forme étrangement semblable à celle du crocodile, il s’est passionné pour les légendes locales et le rapport très intense que les Timorais entretiennent avec la figure totémique du crocodile. En a résulté une série de peintures aux couleurs éblouissantes où l’homme et le saurien se croisent à la manière d’un centaure inversé.
De même que chez Pablo Picasso la rencontre de l’homme et du taureau – on songera en particulier à la série de tableaux consacrés au Minotaure -, celle de l’homme et du crocodile célébrée par João de Azevedo est de nature puissamment érotique. Inquiétante aussi : est-il figure plus évocatrice de la castration que celle du crocodile ? Demandez donc au capitaine Hook ce qu’il en pense !
Mais pour l’être parlant, il se trouve que la castration est au cœur même de l’économie du désir. Dans son séminaire « La Relation d’objet », Jacques Lacan évoque d’ailleurs le crocodile pour illustrer la jouissance maternelle dévoratrice, et du phallus il fait le bâton prestement dressé entre ses deux mâchoires pour les empêcher de se refermer ! Je ne sais ce que les Timorais penseraient de cet apologue !
Au Mozambique où João travailla onze années, un peintre célèbre se nomme Malangatana N’Guenha, c’est-à-dire Malangatana Crocodile. A Timor, il devint en quelque sorte João Croco !
Yves Depelsenaire
22/7/2010
J’ai retrouvé ce matin des lettres, pieusement conservées, de mon ami João de Azevedo. Elles m’étaient envoyées de Rome, où il vivait dans les années 70. Et à les relire, j’en éprouve, sinon de la culpabilité, en tous cas de l’irritation contre moi-même. C’est que, dans la joyeuse confusion où l’un et l’autre nous barbotions, il me semble que je n’ai pas su identifier alors son désir le plus puissant. Et pourtant ! Combien de fois dans ces lettres n’en est-il pas question ! Peindre, dessiner, graver, il ne le cache pas, le rend heureux. Mais jamais il ne se laisse aller à dire qu’il pourrait s’y consacrer pleinement. Les idéaux politiques trop surmoïques de notre jeunesse ne le permettaient pas. La voie lui était pourtant ouverte ; des galeristes et des collectionneurs s’intéressaient à son travail, qu’il s’interdisait de considérer dans une autre perspective qu’alimentaire.
Cela m’irrite, oui, de saisir à présent combien il s’est ainsi censuré. Mais en vérité, c’est dès l’adolescence que le conflit se fait jour. João rêve alors d’entrer à l’Académie des Beaux-Arts de Lisbonne, contre le vœu paternel de le voir entreprendre des études d’ingénieur naval. Ce ne sera ni l’une ni l’autre voie. Après un cours passage d’une année à la faculté de droit, il fuit
à 18 ans la dictature de Salazar, et demande l’asile politique en Belgique, où commence une autre histoire. L’existence qu’il mena ensuite fut riche, généreuse, inventive. Mais il est temps que sans réserve, il puisse maintenant jouir de ses pinceaux et donner la pleine mesure de son talent.
Lui-même l’a compris, j’en suis ravi. Le tournant s’est fait à Timor, où il séjourna deux années, de 2005 à 2007. Dans cette île à la forme étrangement semblable à celle du crocodile, il s’est passionné pour les légendes locales et le rapport très intense que les Timorais entretiennent avec la figure totémique du crocodile. En a résulté une série de peintures aux couleurs éblouissantes où l’homme et le saurien se croisent à la manière d’un centaure inversé.
De même que chez Pablo Picasso la rencontre de l’homme et du taureau – on songera en particulier à la série de tableaux consacrés au Minotaure -, celle de l’homme et du crocodile célébrée par João de Azevedo est de nature puissamment érotique. Inquiétante aussi : est-il figure plus évocatrice de la castration que celle du crocodile ? Demandez donc au capitaine Hook ce qu’il en pense !
Mais pour l’être parlant, il se trouve que la castration est au cœur même de l’économie du désir. Dans son séminaire « La Relation d’objet », Jacques Lacan évoque d’ailleurs le crocodile pour illustrer la jouissance maternelle dévoratrice, et du phallus il fait le bâton prestement dressé entre ses deux mâchoires pour les empêcher de se refermer ! Je ne sais ce que les Timorais penseraient de cet apologue !
Au Mozambique où João travailla onze années, un peintre célèbre se nomme Malangatana N’Guenha, c’est-à-dire Malangatana Crocodile. A Timor, il devint en quelque sorte João Croco !
Yves Depelsenaire
22/7/2010
Terça-feira, 15 de Fevereiro de 2011
Subscrever:
Mensagens (Atom)






































